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Livre écrit par ATTAC
et l’Union SNUI SUD Trésor Solidaires
Le livre d’Attac Pour un « big bang fiscal », coordonné par Vincent
Drezet secrétaire national de l’Union SNUI-SUD Trésor Solidaires, est
disponible sur commande au bureau national de l’Union ou en librairie .
Ce livre revient sur le sens de l’impôt, retrace les tendances fiscales à
l’œuvre, analyse leurs conséquences et livre des pistes et des
propositions fiscales qui, à l’heure actuelle, permettraient d’en finir
avec la logique dominante qui a provoqué les différentes vagues de la plus
profonde crise du néolibéralisme.
Pour un
"big bang" fiscal
par Attac
éd. Le bord de l'eau, 2010, 159 p., 10 euros.
Il n'est pas toujours besoin d'écrire un gros livre pour se faire
entendre. A preuve, ce petit opuscule rédigé par Vincent Drezet pour
l'association Attac. Simple, bref, il offre au lecteur non spécialiste à
la fois une réflexion sur l'impôt, une critique de la politique fiscale du
gouvernement actuel et un projet politique de rénovation.
L'ouvrage s'ouvre par un rappel de base sur le rôle de l'impôt: celui-ci
sert à financer les politiques publiques, à corriger les inégalités de
revenus et de patrimoine et à modifier certains comportements (devenir
plus écolo, etc.).
Un choix de société.
L'auteur poursuit en taclant deux grandes idées libérales. Selon la
première, l'impôt doit être neutre sur l'activité économique. Pas du tout,
assène Vincent Drezet: au contraire, c'est l'instrument de choix
politiques qui résultent de choix de société qui doivent être assumés
comme tels. Selon la seconde, l'impôt est un prélèvement restreignant la
liberté de chacun de faire ce qu'il veut de son argent, comme si les
sommes prélevées disparaissaient dans une sorte de trou noir de la sphère
publique. Or, les impôts financent des services publics et les
prélèvements obligatoires représentent les contributions communes "dont le
niveau général marque le degré de socialisation (pour ne pas dire de
civilisation) d'une société". Sans impôts, il faudrait tout de même
financer des écoles, des hôpitaux, etc., et rien ne dit que ces services
seraient moins chers s'ils étaient proposés par le secteur privé -
l'exemple des services de santé américains prouve même le contraire. On
sait, en tout cas, que leur accès deviendrait plus inégalitaire: combien
de familles pourraient envoyer leurs enfants à l'école quand le coût de
l'éducation d'un collégien est estimé à 8 000 euros par an?
Critiquant l'idéologie du moins d'impôts et la façon dont elle a été mise
en oeuvre par le gouvernement actuel, le livre rappelle qu'en 2009, grâce
au bouclier fiscal, 979 contribuables au patrimoine supérieur à 16
millions d'euros ont reçu en moyenne un chèque de 376 134 euros. Trente
années de Smic…
Propositions
Toute la fin du livre est consacrée à proposer et à discuter un ensemble
de réformes visant à améliorer l'efficacité et l'équité du système fiscal
français. Les propositions de taxe carbone ou équivalentes sont passées au
peigne fin. Et si le livre n'est pas opposé au principe d'un impôt vert,
il souligne le danger de substituer une fiscalité écologique, par nature
éphémère (si elle est efficace, elle doit changer les comportements et
réduire sa base d'imposition), à des impôts existants, ainsi que l'aspect
anti-redistributif d'écotaxes pesant sur la consommation.
Tout en condamnant la multiplication des niches fiscales et le fait que
l'essentiel des bénéficiaires sont ceux qui gagnent assez pour en
profiter, l'ouvrage souligne que certaines d'entre elles bénéficient aux
classes modestes comme la prime pour l'emploi, la réduction accordée au
titre des frais de dépendance ou encore l'exonération des intérêts des
livrets A. Plutôt qu'un coup de rabot général sur ces niches, il faudrait
évaluer chacune d'elles pour juger de la pertinence de leur maintien.
Le livre dénonce également des impôts locaux de plus en plus complexes et
injustes, et ouvre plusieurs pistes de renouvellement.
Enfin, Attac ne serait pas Attac si les dernières pages n'étaient pas
consacrées à promouvoir la lutte contre les paradis fiscaux et la
nécessité de mettre en oeuvre des taxes globales, notamment sur les
transactions financières. Et puisqu'un autre monde est toujours possible,
Attac appelle à la création d'une autorité fiscale mondiale pour
coordonner les stratégies des Etats, éviter la concurrence fiscale, régler
les différends et lutter contre la fraude. C'est dans les utopies
d'aujourd'hui que l'on puise les politiques de demain…
Christian Chavagneux
Alternatives Économiques n° 293 - juillet 2010 |

Pour commander le
livre
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Introduction
I
- Impôt, démocratie, État et citoyenneté
II - À
quoi sert l’impôt ?
III -
Les tendances fiscales à l’œuvre
IV -
Quelle fiscalité demain ?
-
Le
sens d’un « big-bang » fiscal
-
La
fiscalité peut-elle être « verte » ?
-
Quelle imposition des revenus ?
-
Quid
des niches fiscales ?
-
Une
imposition du patrimoine à repenser
-
Et la
fiscalité locale ?
-
Pour
une fiscalité européenne et internationale
-
Lutter contre la fraude fiscale et les paradis fiscaux, une exigence
nécessaire et légitime
Conclusion
Annexe/Bibliographie |